Rester mariés pendant des décennies à la même personne (est-elle d'ailleurs vraiment toujours la même ?) , surmonter ensemble les épreuves de la vie est une gageure.  En particulier dans un monde exigeant où nos attentes vis-à-vis du couple, de la famille et de nous-même ont rarement été aussi élevées. Consulter un psychothérapeute seul(e) ou en famille n'est pas un luxe mais une aide précieuse.

Pourquoi consulter en couple ?

Vous avez le sentiment que la communication avec votre conjoint est complexe voire impossible ? que votre couple se trouve actuellement dans une impasse ? que vous avez tout tenté sans avancer d’un pouce ?

Vous avez peut-être consulté vous-même un psychothérapeute sans pour autant voir les changements souhaités dans votre relation de couple. Ce dernier a pu vous recommander de consulter avec votre conjoint …

Première étape : proposer une consultation à deux

L’initiative de la consultation d’un thérapeute de couple vient généralement d’un des deux conjoints. Il faut ensuite passer de l’idée à la consultation. Un parcours parfois semé d’embûches.

Convaincre l’autre n’est pas toujours aisé pour plusieurs raisons : certains redoutent d’exposer leurs difficultés de couple devant un étranger, d’autres ont peur d’être jugés comme devant un tribunal. C’est souvent le cas lorsqu’il y a adultère ou lorsqu’un des conjoints a décidé de la séparation. Enfin, certains ne sont pas familiers des « psys » et/ou ne croient pas à l’efficacité des approches psychologiques. Le rôle de thérapeute sera aussi de prendre en compte ces réticences lors du premier rendez-vous pour rassurer chacun sur le déroulement de l’accompagnement. Il devra également adopter et conserver une attitude bienveillante et neutre vis-à-vis de chacun. 

Celui qui propose la consultation en couple doit veiller à le faire dans un moment où la relation est le plus calme possible. Abordée au moment d’une dispute, la thérapie sera vécue comme une punition, un moyen de prendre le dessus sur l’autre. « Puisque que c’est comme ça je t’envoie en thérapie ». Dans ces conditions, la colère et la culpabilité peuvent l’emporter et rendre impossible l’accord du conjoint pour une consultation. Consulter en couple, tout au contraire, est une démarche constructive de recherches de solutions. L’intervention d’un tiers médiateur doit permettre de sortir des impasses dans lesquelles souvent le couple se trouve acculé par la force de l’habitude.

Deuxième étape : la consultation

La première séance de thérapie familiale va permettre de fixer un cadre d’intervention : le thérapeute va interroger le couple sur les objectifs de l’accompagnement : quels sont-ils ? Sont-ils communs ou différents ? Sont-ils conciliables ? Les difficultés actuelles du couple seront également évoquées. Chacun pourra exposer son point de vue dans un espace respectueux de la parole et des émotions de chacun. C’est la responsabilité et le rôle du thérapeute d’offrir cet espace … Enfin, c’est l’occasion de faire connaissance avec le thérapeute et de l’interroger sur sa pratique. Il est important que chacun se sente à l’aise avec lui/elle pour travailler.

Les techniques d’accompagnement varient en fonction de la formation du thérapeute. En règle générale, elles sont centrées sur le mode de communication du couple. La durée des séances et de l’accompagnement est variable : cette question doit être posée au thérapeute au démarrage de l’accompagnement.

Focus sur la thérapie systémique

En systémique, qui est une des théories les plus courantes, on va étudier les relations actuelles du couple, observer les interactions qui ont lieu en séance mais aussi interroger le fonctionnement du couple dans les familles d’origine. Pour cela on pourra avoir recours à des exercices pendant et entre les séances dont l’objectif est de développer la prise de conscience des modes de fonctionnement mais aussi d’introduire des changements. L'histoire du couple et des familles de chacun sera également abordé.

Et après ? L’issue de la thérapie de couple

Le rôle du thérapeute n’est pas de ré-unir ou dé-sunir le couple. Une thérapie réussie n'amène pas toujours à la reconciliation du couple. Il s’agit pour chacun de prendre conscience des mécanismes à l’œuvre dans les difficultés du couple et de trouver les moyens d’y répondre. Parfois les changements qui se produisent permettent au couple de renouveler son engagement, de repartir sur de nouvelles bases; d’autres fois elles rendent possible une séparation dans le calme, ce qui représente un bénéfice pour l’ensemble de la famille, en particulier lorsqu’il y a des enfants.

L'accompagnement du couple peut aussi être l'occasion d'une prise de conscience pour l'un et/ou l'autre de difficultés personnelles et amener à engager une thérapie individuelle. Cela ne signifie pas que l'un ou l'autre est remis en cause dans son fonctionnement et donc responsable des difficultés du couple. La consultation d'un thérapeute n'est pas le signe d'un échec personnel, du couple ou de la famille. Au contraire, c'est une démarche positive pour mieux se connaître et améliorer son bien-être. 

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