Les questions, elles aussi, vont bon train : Comment ne pas s’accrocher à ces pensées qui se présentent et défilent dans nos têtes ? Comment s’habituer au vide dans nos vies pleines de mouvements et de bruits ? Comment survivre à cette expérience essentielle ?

Ces questions se sont inversées à l’heure du retour dans un wagon de train bondé où mes voisins me semblaient hurler leurs (passionnants) commérages de bureau. Comment arrivons-nous à survivre dans l’environnement bruyant et agité qui est le nôtre tous les jours ? Comment pouvons-nous sereinement nous alimenter au rythme que nous imposent (ou semblent nous imposer) nos vies minutées ? Vit-on ou survit-on ?

J’aimais déjà le silence de la contemplation de la nature, celui que je partage sans gêne et avec joie avec mes intimes ou celui qui m’émeut dans les lieux sacrés. J’en savais le prix inestimable mais, en dépit d’expériences de méditation de pleine conscience, j’ignorais encore celui  du silence que nous nous offrons à nous-même. Celui qui n’a d’autre heure ou lieu que celui que nous choisissons, qui est comme une halte salvatrice, qui redonne du souffle et de l’espace à notre corps.

Cette expérience m’a appris à apprécier le silence plus souvent. A l’heure du coucher et celle du réveil, mais aussi dans la journée quand je sens monter les tensions, se crisper les muscles, quand ma tête envahit tout l’espace. Je me rappelle alors cette phrase de notre hôtesse : « le mental n’a pas toujours raison ». Comme dans une dispute celui qui fait le plus de bruit n’a pas toujours raison, je décide de laisser s’exprimer aussi le silence, se rétablir l’équilibre entre paroles et silence, mental et corps. Et j’en vois les bénéfices immédiatement.

Le silence a cela de magique qu’il n’enlève rien aux mots et même qu’il leur donne plus de poids. Dans l’écrin du silence, nos paroles choisis prennent plus d’ampleur et résonnent davantage en nous et souvent pour notre interlocuteur.

Sans doute parlons-nous trop et davantage dans le but de nous rassurer que pour dialoguer vraiment. Plus que jamais, cultiver le silence entre nous et surtout en nous, le conjuguer à l’écoute et à la créativité me semble la clé de nombreuses difficultés auxquelles nous confronte une société du trop-plein. Comme le vide attire le plein, le bruit appelle le silence. Nous avons besoin de nous retrouver, loin des injonctions de la norme, des multi-activités qui nous submergent et nous diluent.

J'ai envie de vous faire cette invitation : revenons au silence et apprenons à le vivre comme un cadeau.

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