La confiance entre citoyens et politiques n’est plus. Que faisons-nous de ce constat ? Dénoncer est important (et surtout, soyons honnête confortable) mais largement insuffisant pour nous sortir de l’ornière. La faillite du système actuel n’est pas une fin en soi et il faut se mobiliser pour le transformer … ou en créer un autre.

Des initiatives ont été prises pour proposer de donner une voix aux citoyens avec les candidatures d’Alexandre Jardin, de Charlotte Marchandise ou de Jean Lasalle, homme (a)politique de terrain. Elles n’ont pas (ou pas encore) rencontrées le succès qu’on pourrait espérer. Cela me semble tout à fait révélateur de notre attachement à ce modèle politique que nous critiquons pourtant ardemment. C’est tellement plus rassurant d’être de gauche ou de droite, un sale patron ou un gentil syndicaliste (ou alors un glandeur de syndicaliste et un courageux patron, c’est selon d’où on se place), noir ou blanc, de faire confiance à des professionnels de la politique plutôt qu’à des hommes et femmes de bonne volonté … Finalement nous avons peut-être simplement les hommes politiques que nous méritons.

Où en sommes-nous, nous-mêmes, de notre relation à ce système que nous sommes de plus en plus nombreux à décrier ? Quelles mesures avons-nous pris dans nos vies pour a minima ne pas l’alimenter et au mieux le remplacer ? Je crains que  nous soyons encore dans la posture d’enfants rebelles qui rêvent d’un monde meilleur imaginaire, celui où nous aurions tous les avantages. Il est temps de grandir et de reconnaître qu’un meilleur monde ne sera pas possible sans compromis, sans équité. Un système avec des représentants des intérêts de castes ou de communautés n’a d’intérêt que s’il existe un véritable dialogue entre les parties et non une lutte à mort pour la victoire de l’un sur l’autre. Or, de dialogue il n’y a plus depuis longtemps. Nous sommes en train d’agoniser de cette vision triviale de la société : « tuer l’autre pour survivre », «gagner ou perdre », « être le meilleur » : nous pourrons graver cela sur nos tombes. Les problèmes de la planète sont pourtant là tous les jours pour nous rappeler que la survie de l’humanité n’est possible que dans la coopération. Si le réveil n’a pas lieu maintenant, il pourrait bien se faire en sursaut prochainement.

Il est temps de faire naître un nouveau monde où chacun aurait la responsabilité, non pas d’incarner son intérêt ou ceux de sa communauté, mais plus largement celui de tous. Chacun : cela veut dire non seulement les politiques mais chacun d’entre nous, et sans attendre. Alors, si comme moi vous êtes fatigués des débats partisans et donc forcément de mauvaise foi, las d'attendre le héros qui sortira du lot, je vous propose de couper le son et revenir à vous et à tout ce que vous pouvez faire pour incarner ce nouveau monde, non pas en paroles mais en actes. Alors, vous pourrez vous saisir des porte-voix, tweeter et autres réseaux sociaux pour dire : « il est arrivé le nouveau monde » et la colère et le désespoir pourront enfin céder la place à l’enthousiasme. Il nous reste ce choix que personne ne peut nous enlever.

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