Des études réalisées par des psychologues (Vivien Prior et Danya Glaser*, ont démontré que 65% d’entre nous ont connu dans leur enfance un mode d’attachement dit « insecure » c’est-à-dire qu’ils ont vécu la relation avec leurs parents (père, mère voire les deux) avec une certaine angoisse : la peur de ne pas être aimé, de ne pas être à la hauteur de leurs attentes, d’être abandonné … a empêché le développement d’un sentiment de sécurité affective. Or ce sentiment est le fondement de l’estime de soi et donc d’un développement personnel harmonieux.

En effet, ce manque de sécurité intérieure m’amène à percevoir l’environnement, et en particulier, l’autre comme un potentiel danger pour moi. Je vais donc développer des comportements pour éviter de ressentir cette angoisse qui peut être envahissante. Hélas, ils sont, très souvent, peu efficaces et ne font qu’augmenter mon sentiment d’insécurité et me démontrer encore et encore que j’ai raison d’être anxieux. C’est un cercle vicieux qui peut finir par envahir toutes mes relations et me met dans un sentiment d’impuissance très fort.

C’est souvent ce qui amène les personnes à consulter un professionnel de la relation d’aide (coach, psychothérapeute, sophrologue …) : ils ne savent plus comment gérer la situation sur le plan professionnel et/ou personnel et la subissent. Certains vont somatiser, d’autres vont avoir des symptômes dépressifs ou se mettre dans des colères incontrôlables … chacun selon sa personnalité et son histoire.

Comment faire pour retrouver la sérénité et (re)trouver le pouvoir dans sa vie ? Car c’est bien de cela dont il s’agit.

La clé se situe dans notre capacité à développer ce sentiment de sécurité intérieure, lui seul nous permet de faire face aux défis du quotidien et garder la stabilité nécessaire. Bien sûr cela ne nous empêchera pas d’être bousculés : c’est le propre de la vie d’être faite de changements propres à nous faire perdre l’équilibre. Néanmoins, plus notre assise est solide et moins nous serons déstabilisés, mieux nous pourrons nous adapter aux événements. La sécurité intérieure est l’un des secrets de la résilience, cette capacité à rebondir et reprendre le cours de notre vie après un événement traumatique.

Comment trouver une sécurité que nous n’avons pas (ou pas suffisamment) construit dans l’enfance ? Faut-il se retourner vers nos parents ou d’autres personnes pour qu’ils nous l’apportent ? Toute la difficulté est là : désormais adulte, nous ne sommes plus en mesure de construire ce sentiment de sécurité sur le même mode que l’enfant c’est-à-dire dans la relation avec nos parents. Demander à nos conjoints ou enfants de le faire pour nous serait une erreur de casting, hélas bien commune. Il va donc falloir compter sur nous-mêmes, avec souvent l’aide bienveillante de nos proches et de professionnels, pour reprendre une construction laissée en suspens.

J’emploie souvent cette image de prendre par la main l’enfant que nous avons été et qui se manifeste encore dans des situations angoissantes pour lui faire poursuivre son chemin de développement. Au bout de ce chemin, il y a le trésor de l’estime de soi. Pourquoi un trésor ? Parce qu’il vaut de l’or dans notre vie et qu’il faut le gérer comme une ressource épuisable : savoir s’économiser et aussi s’enrichir pour ne pas se retrouver sans le sous dans les moments difficiles de notre histoire.

Comment faire concrètement ?

Porter un autre regard sur le monde, savoir reconnaître ses propres talents au-delà de ce qui a pu nous être renvoyé, faire taire des peurs et des croyances qui n’ont pas ou plus de fondements, s’appuyer aussi sur des outils permettant d’apaiser notre mental effervescent tels que la respiration, la méditation de pleine conscience, la cohérence cardiaque … Tout cela, et plus encore, fait partie du programme de celui qui décide de sortir de l’insécurité et de choisir la liberté d’être enfin soi-même, ni plus, ni moins.

C’est parfois le chemin d’une vie mais les sages ne disent-ils pas le but est le chemin ?

Faisons leur confiance …

*Understanding Attachment and Attachment Disorders : Theory, Evidence and Practice, London and Philadelphia, Jessica Kingsley Publishers, )


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