Dans les hôtels, restaurants et autre lieux que nous avons visités, les ambiances de travail étaient aussi bien différentes. Là où nous étions bien servis, le personnel était visiblement en confiance : échangeant entre eux, comme avec nous, détendu et le sourire aux lèvres. Je me rappelle d’un restaurant où nous nous sommes arrêtés parce que nous avons été surpris par une pluie torrentielle : le serveur qui prenait une commande sur la terrasse qui n’était que partiellement protégée a été instantanément trempé. Il aurait pu s’en plaindre ou s’énerver mais au lieu de cela, il s’est mis à rire et nous l’avons imité tout en plaisantant et essayant de trouver collectivement des solutions. Ce n’était ni le meilleur restaurant ni le quartier le plus sympathique de Rome mais cette soirée restera dans ma mémoire. Et d’ailleurs nous y sommes retournés avant de partir.

Chaque personne qui nous a servi avec cette qualité a un secret pour le faire. Je ne sais pas s’ils en parlent entre eux car certains ne savent même pas sans doute qu’ils le détiennent : chacun d’entre eux a fait son métier avec amour. L’amour des choses bien faites : celui qui permet de faire la différence entre le bien et l’excellent. Ils nous ont donné plus que nous attendions en entrant dans leur boutique et c’est cela qui nous porte à avoir envie de revenir.

Tout le monde peut-il réussir cela : faire son métier avec amour ? Faut-il déjà avoir choisi ce métier ou au moins y trouver de l’intérêt au-delà de la notion économique qui est rattachée au travail … cela rend la chose plus facile mais n’explique pas tout.

Pour donner de l’amour, il faut en avoir et donc en recevoir suffisamment. Je crois que la responsabilité des dirigeants est ici engagée. Quel que soit le métier exercé par les collaborateurs d’une entreprise, ils peuvent y trouver un intérêt et y mettre de l’amour s’ils en reçoivent suffisamment de leurs managers … Quel horreur, je viens de parler d’amour dans un contexte professionnel : il ne manquerait plus que cela ! Donner de l’amour à ses collaborateurs : c’est complètement hors de propos, l’amour c’est pour la famille et encore …

J’assume le fait de croire que l’amour et le management peuvent se conjuguer. Evidemment je ne parle pas du même amour que celui que nous réservons à notre amoureux.se, à notre progéniture ou nos parents, frères et sœurs, à nos amis … je parle de cette attention affectueuse que nous pouvons porter à l’Autre. Cet autre qui n’est pas si différent de nous, qui, rappelons-le, nous permet de vivre si c’est un employé ou un client, qui d’un sourire peut nous égayer autant que d’un coup de gueule nous désespérer. Je ne parle pas d’une reconnaissance « du ventre », du geste ou verbe automatique de remerciement ou de félicitation, ce que j’évoque c’est le réel souci de l’autre et de ses conditions de travail et de vie. Je pense à ce dirigeant d’une entreprise de nettoyage en Espagne qui a réussi à améliorer significativement son compte de résultat en allant notamment sur le terrain tous les mois pour vivre une journée de travail avec ses employés, qui n’a pas peur d’en inviter certains chez lui pour fêter les bon résultats de l’entreprise et défie ainsi les croyances de la profession : on ne peut pas motiver des personnes qui font du nettoyage, on ne peut pas gagner de l’argent dans ce secteur.

Je vous propose de partager et faire vôtre une nouvelle croyance qui a fait/fait et fera toujours  la différence : « on peut plus qu’on imagine : il suffit de mettre un peu (ou même beaucoup) d’amour ».