Est-ce à dire que nous ne souhaitons pas le bien de nos collègues ? Ce n’est pas aussi simple. Ce qui empêche la bienveillance de grandir, c’est l’idée sous-jacente qu’il y a concurrence entre mon bien-être et celui de mon voisin. Si je suis indulgent avec toi je vais être sévère avec moi, te donner la préférence. A la racine, se trouve une croyance puissante : « Vouloir le bien de l’autre c’est m’effacer et donc agir à mon détriment ».

Pourtant, si on s’arrête quelques minutes sur cette affirmation, on s’aperçoit à quel point elle n’est pas fondée dans le monde réel.

Des études scientifiques ont démontré qu’on éprouve un plaisir plus durable en offrant un cadeau qu’en en recevant un ! Vouloir et faire du bien à l’autre loin de nous porter préjudice nous rend donc plus heureux.

A contrario, quelles sont les conséquences de l’absence de bienveillance dans la relation ? Une relation où chacun va chercher son propre intérêt sans considération de l’autre (voire en s’opposant au désir de l’autre) et qui va donc immanquablement m’amener un jour à « gagner » et l’autre jour à « perdre ». Manquer de bienveillance nous conduit à aller contre notre propre intérêt.

Il est donc faux que la bienveillance me conduit à aller contre moi et c’est même le contraire exact qui ne manque pas de se produire.

Je vous propose ma définition de la bienveillance : « vouloir mon bien et celui de l’autre dans un juste équilibre », qui seul garantit la qualité de la relation à long terme. Je ne m’oublie ni ne me sacrifie dans cette attitude. Evidemment, il est plus simple de l’écrire que de le vivre, car la bienveillance s’appuie sur des compétences que nous devons développer : elle nécessite du discernement pour savoir ce qui est bien pour l’autre et pour moi, de l’écoute (des autres comme de moi-même), de la créativité pour identifier des solutions qui conjuguent les intérêts de tous. Un vaste programme qui explique, sans doute, pourquoi la bienveillance est si longue à se mettre en place.

La difficulté de la tâche ne doit cependant pas nous décourager car au bout du chemin se trouve un cadeau inestimable : la possibilité de meilleures relations et « en tache d’huile » celle d’un avenir meilleur pour nous tous, ce changement que nous attendons pour nous, nos enfants et la planète. Vous n’avez donc pas fini de m’entendre parler de bienveillance ;-)

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