Sur nos lieux de travail la question du sens est encore tabou. Balayé par le taylorisme et les tableaux de bord, le « pourquoi ? » a été détrôné par le « comment » ? Comment satisfaire clients et/ou actionnaires ? Comment améliorer le résultat net ? Comment gagner plus en travaillant moins ? On est passé du questionnement philosophique à la méthode Assimil. Pourtant, la crise économique et financière, après avoir remis le financier au centre des préoccupations, favorise actuellement le retour de la question du sens (celui de l’entreprise et du travail). C’est, en effet, un volet essentiel du risque psychosocial qui préoccupe tant les organisations.

Car la spiritualité, ce n’est pas ou pas seulement le questionnement métaphysique de la relation de l’Esprit au corps, de la place de l’homme dans l’univers.  C’est aussi et cela commence avec la réponse à des questions « simples » telles que : Pour quoi je me lève le matin ? qu’est-ce qu’apporte mon travail (et qu’est-ce qu’il m’apporte) ? qu’est-ce que j’apporte à ma famille ? à la société ? …

La plupart des gens consultent des coachs ou des psys pour répondre à des questions pratiques: dans leur travail : comment mieux gérer mon équipe ? comment m’affirmer dans mon nouveau poste ? comment gérer les conflits ? ou dans leur vie privée comment gérer la crise d’adolescence de mon fils/ma fille ? Comment dépasser les difficultés de mon couple ? Comment sortir de la dépression ? etc …

D’après mon expérience, aucun ne trouvera de réponse et de changement durable tant qu’il n’aura pas répondu à des questions plus « essentielles » autour du sens de leur métier, de leur place dans la famille, dans le monde … C'est le rôle de ceux qui les accompagnent de les amener progressivement à ces sujets.

Ceux qui s’y refusent ne font que retarder ce questionnement essentiel, signe de notre humanité. Car aucune civilisation n’a pu en faire l’économie. Chacune y a trouvé ses réponses et développé ses propres religions ou rites ; une diversité qui cache une unique préoccupation commune : trouver un sens à la vie.

J’entends souvent les gens dire « la vie n’a pas de sens » ou évoquant un événement de leur vie « tout cela n’a pas de sens ». Je n’interprète pas cela comme un constat d’absence de sens mais plutôt comme sa nécessité pour tout un chacun. Certains préfèrent renoncer à l’idée du sens et se plonge dans la consommation, l’addiction et autres maux. Ils pensent parfois qu’en vivant au jour le jour « sans se poser de questions » ils démontrent leur force et leur indépendance vis-à-vis des croyances spirituelles. Ce faisant ils sont, à mon avis, encore plus dépendants.

Je partage néanmoins leur opinion sur un point : la vie n’a pas de sens … donné. C’est à nous de trouver et donner du sens à notre vie. Nos parents, notre pays, notre culture nous offrent un éventail de références pour interpréter le monde et lui donner du sens mais c’est à chacun d’entre nous de faire le tri, de trouver le chemin et le sens pour lui.

Je persiste et je signe : la spiritualité c’est bon pour la santé. Pour la cultiver questionnez-vous sans modération.