Quelques mois plus tard, force est de constater que notre programme n’enthousiasme pas les foules. Pourquoi le mot cohérence ne fait-il pas écho ?

Quelques courageux ont osé nous faire un retour sans fard : la cohérence, qu’est-ce que ça veut dire ? Vous parlez de quelque chose qui est absent dans l’entreprise … Serions-nous décalées des préoccupations de nos clients ?

Un autre éclairage nous a été apporté par une conférence donnée la semaine dernière par Guy Corneau et Thierry Janssen. Le thème de la cohérence y était abordé et ce dernier a déclaré : « La cohérence n’est pas une valeur morale, c’est un outil pour aligner toutes les énergies (…). Au service de quoi je mets ma cohérence ? ». Il parlait de développement personnel mais son discours vaut pour nos organisations.

Nous avons sans doute commis l’erreur de centrer notre discours sur l’outil, là où les dirigeants pensent (voire sont obnubilés par ?) résultats. La question de la compétitivité centrale dans notre discours a été happée par le grand mot de la cohérence.

Pour l’individu comme pour les organisations, la question de la cohérence ne peut venir en premier, ni même en second. Un certain niveau de maturité est nécessaire pour comprendre la nécessité de la cohérence. Pour certains d’entre nous, ce constat sera même impossible. Noyés dans les injonctions quotidiennes, nous avons du mal à dégager une vision globale de la situation (la Big Picture comme disent les américains) et des solutions adaptées.

En tant que coach ou thérapeute, nous avons l’habitude de nous interroger sur les questions du sens, de la congruence, de prendre du recul.  Ce n’est pas le cas de la plupart d’entre nous qui se débat le plus souvent avec les urgences de la journée, de la semaine, du mois … Nos questions pour être efficaces doivent être adressées au bon moment. La période de crise que nous connaissons est, certes, fondamentalement propice à un recentrage et à un positionnement cohérent sur nos forces … mais cela ne répond pas au premier titre à l’angoisse des dirigeants : comment vivre ou survivre dans un monde complexe et incertain ? La marche est trop haute.

Nous avons remballé notre présentation sans pour autant oublier notre crédo et nous sommes questionnées à nouveau. Que pouvons-nous apporter aux organisations et dirigeants d’aujourd’hui pour les aider à surmonter la crise actuelle ?

A cette question nous avons répondu : une vision positive de l’avenir. Dans le contexte morose actuel, retrouver la confiance, croire en sa capacité à agir sur la situation (et donc à ne pas en être seulement victime) sont des pré-requis au changement. C’est la première marche vers laquelle nous devons emmener nos clients.

Cultiver l’optimisme pour récolter le changement : tel sera notre programme pour 2014.