J’en suis venue à différencier les peurs essentielles de la vie quotidienne pour en distinguer trois :

La Colère-Impuissance : je suis confronté(e) à des limites, imposée par mes compétences ou bien par une norme extérieure. C’est la colère de l’enfant qui ne peut se laisser aller à tous ses instincts et découvre les règles de la vie en société.

La Colère –Territoire : je suis agressé(e) sur mon territoire. C’est la colère que je ressens quand on remet en cause mes droits ou mon travail, souvent dans le contexte professionnel.

La Colère -Indignation : on bafoue des valeurs qui sont importantes pour moi, souvent fondatrices de mon identité. C’est ce mouvement qui a entrainé et entraine encore les foules dans la rue pour faire la révolution.

A l’occasion de cette réflexion, j’ai constaté une fois de plus que la peur n’est jamais loin de la colère … comme une autre facette d'une même réalité. L’inflation de la colère serait alors l’effet collatéral de la prise de pouvoir de la peur. Celle de ne pas être à la hauteur, d’échouer, de ne pas être aimé ou reconnu, d’être viré …

A quoi me sert de savoir que la peur n’est jamais loin de la colère me direz-vous ?

Ce recadrage me semble salutaire. Si je regarde mon « agresseur » comme une personne qui a peur et que je m’interroge sur les motivations de ce sentiment, je peux trouver de nouvelles manières de lui répondre. Je peux éviter le terrain glissant de l’affrontement pour entrer dans celui de la discussion. Et si je ne peux l’éviter immédiatement, je peux y réfléchir ensuite pour revenir vers lui/elle.

Ainsi je pourrais rassurer celui qui se sent impuissant, celui qui craint de perdre son territoire, celui qui défend un idéal en parlant leur langage et en comprenant leur préoccupation.

Car quelque chose que j’oubliais de dire à propos de la colère : à l’exception de la saine colère qui me permet de m’élever contre l’inacceptable, elle est rarement productive, souvent destructrice.

Que faire face à la peur qui monte ?

La colère qui monte en nous est un signal qu’il ne faut pas négliger. Celui qui passe son temps à ignorer sa peur, néglige un part de lui essentielle. Car nos fragilités méritent notre attention autant que nos forces.

Je vous propose un programme en trois temps pour désamorcer la bombe de la colère  :

1. l’entendre ou plutôt accepter de la ressentir

2. la canaliser c’est-à-dire faire en sorte qu’elle n’explose pas au risque de détériorer la relation avec l’autre. Un exercice qui passe souvent par le corps et la respiration.

3. comprendre la peur sous-jacente : "à froid" m’interroger sur les motifs de cette montée en puissance émotionnelle

Un exercice qui me permet de prendre du recul et pourquoi pas de prendre à bras le corps mes peurs pour les traverser et ne plus leur laisser le pouvoir.