petit_traite_de_labandon.jpgAu hasard de mes recherches de munitions pour l'été (entendre lectures), je suis arrivée, à point, devant le petit traité de l'abandon. Accueillir la vie telle qu'elle se propose : un programme qui m'a interpellé à l'heure où la mienne est marquée par le décès de mon père.

L'auteur ne peut être plus légitime pour écrire ce manuel. Lui-même victime d'une infirmité motrice cérébrale a du, dès l'enfance, se confronter aux difficultés de la vie et au regard parfois, souvent ? cruel des autres. S'inspirant de la philosophie et du bouddhisme, Alexandre Jollien nous invite à un changement de point de vue radical sur l'abandon. Ni renoncement, ni effet de la lassitude, il le conçoit comme une posture active d'acceptation, une preuve d'amour. Descendre au plus profond de soi pour être dans le flux de la vie.  Il nous offre une conception renouvelée du bonheur, un autre regard sur les épreuves de la vie qui peut nous amener à une autre manière de vivre et de supporter nos légitimes angoisses existentielles, de choisir l'amour des autres et de soi.

A une époque où l'on ne cesse de nous exhorter à l'action, alors que les repères se font plus flous, le petit traité de l'abandon à contre-courant, nous incite à un recentrage sur l'essentiel. Faire avec ce qui est, se connaître et s'accepter. Un programme millénaire qui nous rappelle qu'au delà de la période que nous vivons, nous ne sommes que des êtres humains soumis, comme nos ancêtres, et nos descendants aux aléas de notre condition ... mais aussi libre d'en faire une expérience unique et essentielle.